Honneur aux dames !

Publié par Johann le Mercredi 11 mars 2009 à 12h03

Le foot, sport le plus populaire et le plus pratiqué au monde, serait-il machiste ? A l?occasion de la journée de la femme, coupfranc.fr se penche sur le rôle et l?intérêt sous-estimés de la gente féminine pour le ballon rond en France, parce que le foot se conjugue aussi au féminin.
Jeudi 5 mars 2009. A l?issue du vote du conseil fédéral, les joueuses de football françaises accèdent au statut professionnel, conféré à leurs homologues masculins en? 1932.

Un intervalle de 77 ans qui symbolise le fossé existant entre les deux sexes concernant la reconnaissance de la pratique du football en tant qu?activité professionnelle. Un monde d?écart entre les hommes et les femmes dans notre pays, mais aussi un décalage important entre notre pays et d?autres nations étrangères, comme les Etats-Unis pour ne citer qu?eux.

Constat : aujourd?hui, notre championnat de France masculin de Ligue 1 est considéré comme l?un des plus relevés dans le monde entier, et constitue une destination privilégiée, ou tout du moins un point de passage inévitable pour des joueurs aspirant à évoluer dans les plus grands clubs européens, vers d?autres championnats encore plus prestigieux tels que la Premier League anglaise, la Liga espagnole ou le Calcio italien.

Pourtant, chez les femmes, le championnat de France de football ne bénéficie guère de la même réputation, et ne semble pas éveiller l?intérêt des grands clubs professionnels. Pour preuve, le Paris Saint-Germain, l?Olympique Lyonnais, le Toulouse FC (Ligue 1 masculine) et le Montpellier HSC (Ligue 2) sont les seuls clubs professionnels français qui possèdent une section féminine évoluant dans le championnat de France. Et malgré le fait que ces clubs possèdent un pouvoir d?attraction certain sur quelques unes des meilleurs joueuses mondiales (l?OL a récemment enrôlé la gardienne Bente Nordby, championne du monde, championne d?Europe et championne olympique avec la sélection norvégienne), l?exode des talents français se poursuit, notamment vers les Etats-Unis. Ce fut le cas de Marinette Pichon, certainement la joueuse française la plus célèbre, qui s?est exilée vers la Women?s United Soccer Association (championnat américain de football féminin) lors de la saison 2002-2003, avant que celui-ci ne soit interrompu pour cause de difficultés financières.

Mais aujourd?hui, ce championnat serait sur le point de reprendre son activité, avec dans ses rangs deux internationales tricolores évoluant actuellement à l?OL, Sonia Bompastor et Camille Abily, respectivement à destination de Washington et Los Angeles. Alors, comment expliquer ce véritable enthousiasme des footballeuses françaises pour l?Eldorado américain, quand ce même championnat ne constitue qu?un objectif (surtout financier) de seconde zone pour ces messieurs ?

Les Etats-Unis disposent tout d?abord d?un formidable vivier de plusieurs millions de pratiquantes (plus que tous les pays européens réunis), ce qui a pour conséquences de renforcer les clubs locaux, mais également d?alimenter fortement la sélection nationale, une des plus compétitives et des plus titrées du football féminin. Les succès de 1991 et 1999 en Coupe du monde et de 1996, 2004 et 2008 aux Jeux Olympiques ont évidemment contribués à la popularisation et à la diffusion du football féminin dans la société américaine. Ainsi, ses représentantes sont élevées au rang de stars là-bas, au même titre que le sont (ou l?ont été) l?Américain Landon Donovan ou l?Anglais David Beckham. A la différence près que ces derniers ont décidé de quitter la Major League Soccer (le championnat américain masculin) pour aller tenter (pour l?un, au Bayern Munich) ou retenter (pour l?autre, au Milan AC) leur chance sur le Vieux Continent. Aujourd?hui, la ligue de football féminin américaine, forte de cet engouement populaire, mais aussi de l?appui inconditionnel du sport universitaire « made in USA » et de la reconnaissance du statut professionnel, est donc en mesure de conserver ses stars, comme Mia Hamm, véritable icône du « soccer »aux Etats-Unis, mais aussi d?attirer les plus grandes stars internationales, avec la venue de la Brésilienne Marta, élue meilleure footballeuse de l?année en 2006, 2007 et 2008 par la FIFA.

Malgré l?avancée réelle que constitue donc la reconnaissance du statut professionnel pour les footballeuses françaises, beaucoup de progrès restent encore à faire. Et pour commencer, il faudrait d?abord inciter ces dames à se rapprocher davantage à ce monde tellement sexiste qu?est le football. Saluons ainsi l?initiative de certains clubs qui ont proposé à l?occasion de la journée de la femme des tarifs réduits pour que la gente féminine garnisse nos tribunes en plus grand nombre. A l?occasion de la rencontre Rennes – Auxerre, le Stade Rennais a même offert à ses supportrices une jolie rose à l?entrée du stade. Ces dernières ont également été invitées à élire le « joueur le plus sexy » de leur équipe favorite. Le titre a été décerné à Carlos Boccanegra (encore un Américain), qui a par la suite inscrit son premier but sous ses nouvelles couleurs. Comme quoi l?influence des femmes dans le football est sous-estimée?

Un peu de finesse dans ce monde de brutes…

Article rédigé par Bastien !

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Zone commentaires

2 commentaires sur cet article

  1. Zemeul dit :

    Landon Donovan a déjà tenté sa chance en Europe, au Bayer Leverkusen (1999-2001 et 2004) :)

    Très bon article sur un sujet pas assez médiatisé !

  2. bastien dit :

    En effet, c’est une erreur de ma part, et je ne peut que m’incliner devant tant de justesse !

    En même temps je n’en ai pas gardé un souvenir impérissable :)

    Mais merci pour la rectification !

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