Hyypia / Barton, destins croisés
Leurs routes se sont croisées ce week-end sur les verts pâturages de la Perfide Albion, ou plutôt dans les coulisses d’une affiche de prestige à Anfield entre Liverpool et Newcastle, deux grands noms du football anglais. Le premier, Sami Hyypia, a décidé de quitter les Reds, son club de toujours, bien malgré lui ; le deuxième, Joey Barton, s’est fait écarter du groupe des Magpies par son entraîneur. C’est bien là leur seul point commun.
Hyypia, la force tranquille
Tout comme le PSG, les Reds ont eux-aussi leur grand Sami. Un joueur dévoué corps et âme à son club de coeur, le Liverpool FC, qu’il supportait déjà lorsqu’il était petit (bah oui, faut pas croire, un jour Sami Hyypia a été petit lui-aussi, comme tout le monde). Un joueur qui compte plus de 450 apparitions sous le maillot rouge et qui a inscrit la bagatelle de 35 buts, rien que ça, depuis son arrivée en 1999 sur les bords de la Mersey. Pas mal quand même pour un défenseur central.
Mais depuis quelques temps, le temps de jeu se faisait rare pour Hyypia, en concurrence avec Carragher, Agger et Skrtel pour composer la charnière centrale des Reds. Pourtant, Hyypia s’est toujours montré à la hauteur des attentes placées en lui cette saison lorsqu’il s’agissait d’assurer l’intérim, remplaçant au pied levé et sans broncher Daniel Agger lorsque celui-ci était à l’infirmerie par exemple. Comme ce fût le cas lors de la victoire 4 buts à 1 de Liverpool en terre mancunienne il y a peu. Mais dès lors que l’effectif était au complet, Hyypia se retrouvait cantonné à un statut de joker de luxe d’une équipe qui carbure à une moyenne de 3,3 buts marqués par match sur les dix dernières rencontres, à faire pâlir le Barça.
Car les places sont chères au sein de la charnière centrale de la troisième meilleure défense du royaume. Et Hyypia n’est pas le seul à souffrir de la concurrence : son coéquipier scandinave Daniel Agger s’est lui aussi plaint d’un temps de jeu trop faible, et menaçait même de quitter le club si son avenir n’était pas assuré. Finalement, les garanties proposées par le club l’ont convaincu de prolonger son bail. Ce qui n’est pas le cas de Sami Hyypia. Le géant finlandais semblait se diriger lentement mais sûrement vers le rôle au sein de l’encadrement des Reds qui lui a été proposé. Une sorte de pré-retraite, un peu comme Makélélé au PSG en fait.
Mais à 35 ans, après dix années de bons et loyaux services à la maison rouge, le finlandais volant a décidé de mettre les voiles et de s’offrir un dernier challenge au Bayer Leverkusen, considérant que sa condition physique lui permettait encore d’évoluer au plus haut niveau. Un départ inattendu d’un garçon qui part chercher en Allemagne ce qu’il n’a pas su (pu) trouver à Liverpool, à savoir une fin de carrière digne de son parcours au cours duquel, il a pratiquement tout gagné avec les Reds. Et pour cela, il sera toujours accueilli de la manière la plus chaleureuse qui soit pour avoir laissé un souvenir impérissable dans la tête des supporters des locaux. Ce qui n’est certainement pas le cas de son adversaire d’un jour…

Barton, la force brute
Johann vous parlait déjà du retour du sympathique Joey Barton (qui faisait partie des fameux Onze salopards) dans ces mêmes colonnes il y peu. Le gaillard n’aura pas mis longtemps avant de refaire parler de lui. Pour son grand retour sur les tatamis pelouses de Premiership, Joey la brute s’est même illustré en allant gaiement découper le pauvre Xabi Alonso au niveau du poteau de corner (ça c’est pour pour le lieu du crime, pour la zone touchée c’est au niveau du genou).
Newcastle, en ce moment dans une situation peut-être plus désespérée encore que celle de Saint-Etienne en France, ainsi que son nouveau manager Alan Shearer, ancienne gloire de St-James Park, n’avaient vraiment pas besoin de ça. A l’issue de la rencontre, Alan Shearer n’a d’ailleurs pas attendu la sanction administrative (trois matchs de suspension) pour condamner la stupidité du geste de celui que The Guardian appelle « le Steven Gerrard du pauvre ». Le site officiel du club a confirmé : «Joey Barton est suspendu par le club jusqu’à nouvel ordre. Newcastle ne fera aucun commentaire pour le moment ».
Même si on connaît le caractère du bonhomme, souvent mieux placé au classement des cartons qu’à celui des buteurs ou des passeurs en fin de saison, la sanction paraît sévère venant de son propre club. Et pour cause : selon le Sun, le tabloïd britannique à scandale, ce n’est pas forcément le comportement peu recommandable de Barton que lui reproche le club, mais plutôt les mots que celui-ci aurait tenu à l’encontre de son manager. En effet, après le coup de sifflet final, les deux hommes auraient eu une conversation pour le moins musclée au cours de laquelle Barton aurait dit ses quatre vérités à Shearer, le critiquant notamment de « manager de merde avec des tactiques de merde ».
Mais est-ce vraiment une surprise de la part du bad-boy du football anglais, habitué à faire les gros titres des rubriques « faits divers » des quotidiens outre-Manche, plus souvent pour ses problèmes disciplinaires que pour ses exploits balle au pied ? Car même si les premières victimes de la furia du Joey sont bien évidemment ses adversaires, ses coéquipiers ne sont pas non plus à l’abri d’un des coups de sang dont il a le secret. Lorsqu’il évoluait sous les couleurs de Manchester City, son principal fait d’armes avait d’ailleurs été son agression sur le Français Ousmane Dabo. Même si on ne devrait pas revoir Barton de sitôt sur un terrain de football (et qui s’en plaindra ?), nul doute que Dabo ne l’a pas oublié…

Article rédigé par Bastien !
6 mai 2009 à 22 h 11 min
Il est presque touchant sur la photo l’ami Barton…