Foot féminin – Marion Torrent, Montpellier et le modèle Mexès

Publié par Johann le Mardi 08 mars 2011 à 16h03

Marion Torrent. Philippe Mexès. Leurs points communs? La couleur des cheveux, tout d’abord : blonde. La présence de temps à autres d’un serre-tête pour tenir ces cheveux blonds également. Le poste là encore puisqu’ils évoluent tous les deux comme défenseur central, et parfois même latéral droit (pour le Romain, l’inconscient s’appelle Luigi Del Neri en 2005, vous comprenez mieux où en est la Juventus aujourd’hui?). Le brassard en Equipe de France pour finir avec le même bonheur pour les deux joueurs, même si pour Marion Torrent, cela n’était « qu’en » sélection de jeune. Mais la comparaison s’arrête là.

Car si l’un flambe et est un monstre médiatique, l’autre évolue encore dans un sport féminin peu reconnu et surtout très peu médiatisé. Originaire de Châlons-en-Champagne, Marion Torrent pourrait être ce que certains appellent un footix, de ceux qui ont découvert le football en 1998 et qui sont aujourd’hui pointés du doigt comme s’il fallait avoir connu Josip Skoblar pour avoir la légitimité de s’intéresser au football. Sauf qu’en 1998, Marion n’avait que six ans et se souvient de la Coupe du Monde comme si c’était hier « j’étais avec ma mère. On la regardait non seulement pour voir la finale mais aussi pour essayer d’apercevoir mon frère et mon père qui eux étaient dans les tribunes à Saint-Denis !! Mon frère ayant remporté un concours technique avait été également convié avec quelques joueurs de son équipe pour être ramasseur de balle, notamment lors du match Nigeria-Bulgarie ! »

Son frère avait d’ailleurs été à deux doigt d’intégrer le Centre de Formation de l’AJ Auxerre avant de changer d’avis. Dans cette famille de footeux, Marion n’a pas mis longtemps avant de s’intéresser elle-aussi à ce sport, alors réservé aux garçons. Avec 1998 comme point de départ de la passion et de la pratique du foot. Après la Champagne, Marion Torrent découvre le Sud de la France et prend une licence à Luynes, petit ville en périphérie d’Aix-en-Provence, dont les terrains sont coincés entre l’A51 et la voie ferrée. D’abord milieu droit, Marion joue avec les garçons, marque des buts et peut donc chambrer ses partenaires.

Par la suite, Marion intègre le Centre de Formation de Montpellier, recule d’abord au poste de milieu défensif, puis en défense centrale en équipe première, délaissant ainsi l’adrénaline des buts pour la rigueur défensive. Un poste à forte responsabilité qui plaît à Marion même si l’occasion de briller est moindre, dans un sport où seules les attaquantes sont mondialement connues (Mia Hamm, Pichon, Marta, etc). Alors il faut se consoler avec les exploits collectifs « Nous avons quand même la chance d’avoir des club comme Lyon, le PSG ou Montpellier qui brillent grâce à la Ligue des Champions ou encore les bonnes performances de l’équipe de France. Je pense qu’avec le temps ça évoluera » explique Marion Torrent même s’il n’y a pas de place pour les certitudes liées au développement du foot féminin.

Pourtant, les clubs cités par Marion, auxquels on peut ajouter Juvisy, font le spectacle en D1 féminine. Après seize journées, le gouffre est total entre les quatre locomotives et le reste du championnat. Cela s’explique, entre autre selon la joueuse de Montpellier, par une grosse différence de budget. Vingt-deux points séparent en effet le leader lyonnais du cinquième Saint-Etienne. Montpellier est à six points de l’OL et devance le PSG de huit unités. Marion Torrent confirme ses bonnes performances avec 13 matchs joués à seulement dix-huit ans et représente également la France avec les U19 féminines. En ce moment, les joueuses de Jean-Michel Degrange participent au Tournoi de la Manga, en Espagne, et viennent de battre l’Italie après avoir remporté leur match face à la Suède. Deux victoires pour effacer la défaite initiale face à la Norvège 3-0, l’une des meilleures nations aujourd’hui. Pas un hasard si les nations scandinaves sont bien représentées comme le confirme Marion Torrent « le foot feminin est très peu médiatisé en France alors que dans les pays nordiques ou aux Etats-Unis c’est un sport très populaire. »

A seulement dix-huit ans, Marion Torrent s’est imposée comme l’un des éléments les plus prometteurs du football français, comme un certain Philippe Mexès à l’époque, et au même âge. Si Marion explique avoir beaucoup appris d’Ophelie Meilleroux, sa partenaire à Montpellier, elle confesse apprécier énormément l’ancien défenseur de l’AJ Auxerre, même si elle se voit plus en Angleterre qu’en Italie. Mais rien ne presse car « le cocon montpelliérain lui va comme un gant… » Signe de maturité? Et si Marion avait un autre point commun avec le Philippe Mexès d’aujourd’hui?

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2 commentaires sur cet article

  1. Alex (la vraie;-)) dit :

    Merci de mettre un peu en lumière le foot féminin, si tout le monde s’y mettait…

  2. FandeToto dit :

    Bravo Totolito !

    T une championne é on kroi tous en tôa !!!!

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