« La Coupe du monde 2010 a changé le regard sur l’Afrique »
Mercredi a commencé à Marrakech, Foot Expo (crédit photo page d’accueil : Ph Seddik, lematin.ma), le premier salon international du football en Afrique. Il est ouvert au public jusqu’à ce samedi 19 novembre. Nous en avons profité pour contacter son directeur, Kader Kheroua, pour faire un faire un point sur le foot africain.
» Présentez-nous ce salon. Pourquoi l’avoir mis en place ?
C’est avant tout une plateforme pour les entreprises du football. Il y a un savoir faire technologique apporté par des entreprises européennes. Ca concerne tout ce qui touche le foot, à savoir les éclairages, les sièges, les entraîneurs. Tous les métiers qu’on peut trouver dans et autour d’un stade pour améliorer et accélérer la professionnalisation du football en Afrique.
Qu’a apporté la coupe du monde qui s’est déroulée en Afrique du Sud l’an dernier ?
Elle a changé le regard sur notre continent. Notamment le Maroc, qui est un pays assez avancé en terme de stades, d’infrastructures. Tout est fait pour avancer dans le bon sens. C’est réel désormais. Ici, les infrastructures sont développées depuis cinq ans. Un groupe coréo-marocain a été choisi pour construire la nouvelle enceinte de Casablanca pour 2014. Elle sera beaucoup plus grande et à l’extérieur de la ville.
Finalement, le Maroc était-il prêt à accueillir le Mondial (1) ?
On peut se poser la question. La perte de l’organisation n’est pas une mauvaise chose il me semble. Aujourd’hui, le pays devient une tête de pont. Il avance rapidement et se révèle être une locomotive pour le Nord. On a besoin d’un modèle, d’un moteur pour les nations limitrophes. Maintenant, il va falloir faire vivre les infrastructures pour augmenter les chances de recevoir le monde dans 15 ou 20 ans. Et d’ici là, il y aura la CAN en 2015.
Et dans les autres pays ? Une politique globale est-elle possible ?
L’Algérie se prend en mains parce que les moyens sont là. Mais ce n’est pas possible de le faire partout en même temps. Il faut travailler par étape. Chaque pays se dote d’infrastructures selon sa politique et ses moyens. Chaque cas est à part.
La CAF (Confédération Africaine de Football, NDLR) peut-elle aider ?
Elle joue déjà un rôle au niveau des clubs et des joueurs. Elle a une politique de financement basé sur ces postes. Pour l’aménagement, elle ne peut pas faire plus.
Le changement passera-t-il par une présence plus marquée à l’international ?
Le Maroc est candidat à l’organisation du championnat du monde des clubs entre 2013 et 2015. De tels événements apportent une nouvelle vision sur les pays qui les prennent en charge. La population est variée dans des stades qui sont des lieux sociaux. Ce sont des endroits où on peut s’amuser. On peut même y passer toute la journée si on met en place de la musique avant les matchs. Un gros travail a été fait avec des facilités d’accès. On montre ainsi aux gens que c’est une vraie sortie. On peut se décontracter, se libérer tout en évitant les bagarres et le hooliganisme.
La modernisation est complètement effective ?
Il y a par exemple un très beau stade à Marrakech qui répond aux critères internationaux. Donc il me semble que oui. Les nécessités pour améliorer les infrastructures ont été prises en considération. Maintenant, l’évolution va passer par une professionnalisation. Il faut un beau stade, de beaux vestiaires, un management adéquat.
C’est-à-dire ?
Les modifications du management ne peuvent pas se faire du jour au lendemain. En Afrique, on doit se rendre compte qu’un club peut rapporter de l’argent. Tout un ensemble de travail qui concerne la gestion d’un club doit être mis en place. C’est ce qu’on leur a montré à Foot Expo avec la venue d’intervenants internationaux.
Pour revenir à l’internationalisation du football africain, quel est le rôle de l’Europe ?
Les joueurs de notre continent vont souvent jouer là bas. Je pense que l’Europe pourrait venir en Afrique, apporter son soutien et de nouveaux moyens.
Pour terminer, l’actualité du foot en Afrique, c’est évidemment la Can, en janvier prochain (2). Comment jugez-vous ce qui est fait dans cette compétition en général ?
Je ne peux pas vraiment me prononcer. Mais même si on fait des erreurs, si on commet des imperfections, on apprend. A partir du moment où un pays prend l’organisation d’un tel événement, c’est sa responsabilité que tout se passe bien. Il y a une prise de conscience des enjeux économiques et de la responsabilité. On voit une Afrique qui évolue dans le bon sens et qui va bien fonctionner tout en conservant une variété en fonction de chacun de ses membres. »
1. Le Maroc était en course avec l’Afrique du Sud pour organiser l’épreuve en 2010.
2. La Guinée et le Gabon organisent l’épreuve cette année.
Le futur stade de Casablanca, doté de 70 000 places
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2 commentaires sur cet article
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19 novembre 2011 à 16 h 37 min
Je trouve que le parcours du Ghana lors de la coupe du monde a été grandement bénéfique pour l’Afrique. En espérant revoir ce genre de performance lors des prochaines grandes compets’
24 novembre 2011 à 23 h 28 min
Après l’Afrique du Sud effectivemment ca serait positif qu’au nord le Maroc ait des infrastructures dignes , ce qui sera aussi profitable pour les clubs !
en Tunisie hormis le stade de Rades y’a rien et en Algérie pareil hormis le futur stade de la JSK !
de meme en Afrique de l’Ouest et les grands stades nationaux !
le comble c’est qu’aucun club Sudafricain arrive a remporter la coupe des champions de ce continent malgré les meilleurs stades et un championnat d’un bon niveau .