Inzaghi : la retraite de  » Super Pippo  »

Publié par Vincent le Jeudi 26 juillet 2012 à 12h07

Filippo Inzaghi a décidé à 39 ans (il les aura le 9 août prochain) de mettre un terme à sa carrière de joueur…  pour se reconvertir au poste d’entraîneur. Il prend en charge les moins de 16 ans du Milan AC. Courtisé par de nombreux clubs (MLS, Watford, Malaga), Super Pippo a préféré s’arrêter là.

L’ancien attaquant international italien (57 sélections, 25 buts) restera comme un joueur hors norme. L’un des meilleurs à son poste. Un renard des surfaces comme on n’en voit plus beaucoup. Très expérimenté, Super Pippo était passé maître dans l’art de bien se placer, de se faufiler, de se faire oublier et surtout… de marquer dès que l’occasion s’en présentait. Au bon endroit au bon moment, telle est la devise de Filippo Inzaghi. Loin d’être rapide, pas très technique, une frappe de balle faiblarde, et pourtant… Doté d’un sens du placement et du but inégalable, d’un opportunisme et d’une ruse qui en font l’un des buteurs les plus prolifiques de l’histoire du football mondial.

Pippo Inzaghi a marqué de son empreinte le football italien. Avec 316 buts inscrits en 21 ans de carrière (1991-2012), Super Pippo est le quatrième buteur de toute l’histoire du football italien derrière l’indétrônable Silvio Piola (364 buts), Giuseppe Meazza (338 buts) et Roberto Baggio (318 buts).

Une carrière  » made in Italia « 

Formé au FC Piacenza (1991-1995, 43 matches, 17 buts), Filippo Inzaghi a connu deux parenthèses. L’une à l’UC Albinoleffe (1992-1993, 21 matches, 13 buts), l’autre à Hellas Vérone (1993-1994, 37 matches, 14 buts). A son retour à Piacenza, il participe activement au titre de champion d’Italie de Série B de son club formateur en 1995. Filippo Inzaghi prend alors la direction du FC Parme (1995-1996, 22 matches, 4 buts) où il découvre la Série A. L’apprentissage est rude.

Peinant à s’imposer, Pippo Inzaghi quitte le FC Parme pour l’Atalanta Bergame (1996-1997, 34 matches, 25 buts), un modeste club de Série A qui joue le maintien. Un choix judicieux, puisque Bergame va lui ouvrir les portes de la Juventus Turin. En une saison, Pippo Inzaghi va illuminer les pelouses du championnat italien. Il termine meilleur buteur de Série A avec 24 buts, puis il est élu meilleur jeune du championnat. A l’issue de la saison, il sera sélectionné pour la première fois avec l’équipe nationale d’Italie pour un match amical (3-3) face au Brésil le 8 juin 1997.

Direction la Vieille Dame

Courtisé par de nombreux clubs, Pippo Inzaghi choisit la Juventus Turin (1997-2001, 165 matches, 89 buts), où il va découvrir les joutes européennes. Il affole les compteurs, notamment en Coupe d’Europe. A la Juve, en quatre saisons, Inzaghi, c’est 27 buts en 34 matches (C1 et C3 confondues). Sa meilleure saison avec la Vieille Dame est sans conteste la première (1997-1998). Il est sacré champion d’Italie avec la Juve en participant activement au sacre (18 buts), il dispute la finale de la Ligue des Champions face au Real Madrid (défaite 1-0) où son rendement impressionne (6 buts) et il est sélectionné pour la Coupe du Monde 1998. Malgré un ratio impressionnant (57 buts en 120 matches avec les Bianconeri, soit quasiment un but tous les deux matches), l’arrivée de David Trezeguet à la Juve pousse Filippo Inzaghi vers la sortie.

Le Milan AC = les montagnes russes

Recruté pour 41,2 millions d’euros à l’été 2001, Pippo Inzaghi va tout connaître avec le Milan AC (2001-2012, 300 matches, 127 buts). Les heures de gloire, les blessures, les déconvenues, les records…

Dès sa deuxième année à Milan, il va justifier le prix de son transfert. Après une première saison correcte (16 buts en 28 matches : Série A, Coupe d’Italie et C3) qui lui vaut une place dans la sélection italienne pour la Coupe du Monde 2002, il réalise une saison 2002-2003 exceptionnelle. Les chiffres parlent pour lui : 49 matches, 30 buts (17 en championnat, 1 en Coupe d’Italie et 12 en Ligue des Champions)… avec à la clé une Ligue des Champions, une Supercoupe de l’UEFA et une Coupe d’Italie. Une saison époustouflante.

Filippo Inzaghi va ensuite connaître une longue traversée du désert. Les blessures s’enchaînent (traumatisme crânien, claquage, fractures de la cheville gauche et de la main, tendinite)… le privant de l’Euro 2004 au Portugal et de la finale de Ligue des Champions 2005, perdue aux tirs aux buts face aux Reds de Liverpool.

Fort d’un mental d’acier et du soutien de son club, Pippo Inzaghi revient par la grande porte. Une saison 2005-2006 réussie (17 buts en 31 matches : 12 en Série A, 1 en Coupe d’Italie et 4 en Ligue des Champions). Il obtient à la dernière minute sa place dans la sélection italienne pour disputer la Coupe du Monde 2006 en Allemagne à la faveur d’une blessure de Christian Vieri. Il marque son premier but en Coupe du Monde en phase de poule face à la République Tchèque avant de devenir champion du monde après la victoire de l’Italie aux dépens de la France.

Son chef d’œuvre arrive. Peu en vue en championnat (seulement 2 buts en 20 matches), Pippo Inzaghi est fidèle au rendez-vous européen. Il brille en Ligue des Champions inscrivant 6 buts en 12 matches. Et notamment un doublé salvateur en finale de Ligue des Champions 2007 face à Liverpool. Élu homme du match, Filippo Inzaghi glane sa deuxième coupe aux grandes oreilles.

Après une nouvelle désillusion (sa non-sélection pour l’Euro 2008), Filippo Inzaghi est petit à petit relégué sur le banc des remplaçants. Et pourtant, cela ne l’empêche pas de briller et de marquer (16 buts en 32 matches en 2008-2009 : 13 en championnat et 3 en Ligue Europa). Devenu un joker de luxe, Super Pippo fait tomber les records un à un : plus de 300 buts toutes compétitions confondues, le joueur ayant inscrit le plus de triplés en Série A lors des 25 dernières années (10), l’un des plus grands buteurs en Coupe d’Europe toutes compétitions confondues…

Une nouvelle blessure en novembre 2010 (ligaments et ménisque du genou gauche touchés) l’écarte des terrains. Définitivement pense-t-on alors… Mais, Super Pippo montre à 37 ans une force de caractère, une volonté et un courage à toutes épreuves. En fin de contrat, le Milan AC décide de prolonger le contrat de son attaquant vedette d’un an jusqu’en 2012. Une marque de confiance et de respect pour Super Pippo qui a marqué à jamais l’histoire du club lombard. Son retour en mai 2011 est salué par une impressionnante standing ovation de San Siro. Il empochera au passage un nouveau titre de champion d’Italie, son troisième après ceux de 1998 et de 2004.

La saison 2011-2012 sera donc la dernière pour l’emblématique attaquant du Milan AC. Elle sera synonyme de banc de touche (8 matches toutes compétitions confondues, 1 but), de blessures… et de joie. Pour son dernier match sous les couleurs milanaises, et l’ultime match de sa riche carrière, le 13 mai 2012 face à Novara, Super Pippo va frapper une dernière fois. Après avoir remplacé Antonio Cassano (67e), Super Pippo est idéalement lancé en profondeur par Clarence Seedorf. Il contrôle de la poitrine et adresse une demie-volée du droit d’une précision chirurgicale qui trompe le portier adverse. San Siro chavire de bonheur. Il est salué comme il se doit par ces coéquipiers, ces adversaires, les tifosis et même par… les arbitres de la rencontre. Ironie de l’histoire : ce but lui permet d’avoir terminé chaque saison en ayant marqué au moins un but.

La Squadra Azzurra

A l’instar de ses années milanaises, Super Pippo a tout connu en sélection italienne. Des désillusions (non-sélection pour l’Euro 2008 alors qu’il avait participé à la campagne de qualification, l’absence à l’Euro 2004), de la frustration (remplaçant lors des Coupes du Monde 1998, 2002 et 2006, et surtout remplaçant lors de la finale perdue de l’Euro 2000) et de la joie (son but face à la République Tchèque en 2006 et le titre de champion du monde qui a suivi)…

Filippo Inzaghi a beaucoup apporté à la Squadra Azzurra en marquant de nombreux buts en qualification ou en matches amicaux. Sous le maillot de l’Italie, Super Pippo compte 57 sélections, 25 buts. En Coupe du Monde, Inzaghi c’est cinq matches de Coupe du Monde pour un but. En championnat d’Europe des Nations, Inzaghi c’est quatre matches pour deux buts.

Un palmarès long comme le bras

CLUB :

- Vainqueur de la Coupe du Monde des clubs de la FIFA (2007)

- Vainqueur de la Ligue des Champions (2003, 2007)

- Vainqueur de la Supercoupe de l’UEFA (2003, 2007)

- Champion d’Italie Série A (1998, 2004 et 2011)

- Champion d’Italie Série B (1995)

- Vainqueur de la Coupe d’Italie (2003)

- Vainqueur de la Supercoupe d’Italie (1997, 2004)

- Vainqueur de la Coupe Intertoto (1999)

EQUIPE NATIONALE :

- Champion du Monde (2006)

- Finaliste de l’Euro (2000)

- Champion d’Europe Espoirs (1994)

DISTINCTIONS :

- Meilleur buteur de Série A (1997)

- Meilleur jeune de Série A (1997)

- Sixième meilleur buteur de l’histoire du Milan AC (126 buts)

- Deuxième meilleur buteur de l’histoire des Coupes d’Europe (70 buts)

- Seul joueur à avoir marqué dans toutes les compétitions européennes officielles (23 buts)

- Meilleur buteur de l’histoire du Milan AC en Ligue des Champions (33 buts)

- Meilleur buteur de l’histoire du Milan AC en Coupe d’Europe (41 buts)

La citation de Super Pippo :

 » Si tu n’es pas un Ronaldo ou un Kaka à la naissance, tu peux quand même devenir un grand joueur à force de volonté, de sérénité, de persévérance et d’amour du métier. Tu peux tirer des enseignements de chaque match. Je prépare tout dans les moindres détails : mon alimentation, ma façon de m’entraîner. C’est ça mon secret. « 

 

Les adieux de Filippo Inzaghi à San Siro

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Zone commentaires

7 commentaires sur cet article

  1. David dit :

    RIP coup franc !

  2. carnetfoot dit :

    Bye bye le boss….l’homme toujours à la limite du hors jeu

  3. Yann@La Ligue 1 dit :

    Ouais, une sacré belle carrière à son actif le Monsieur. Il arrête quand même à l’âge très respectable de 39 ans, ce qui n’est plus tout jeune pour un attaquant, même les gardiens ont du mal à atteindre cet âge-là !

  4. Kouami Sessou dit :

    Impressionnant quand on voit qu’à 30 ans certains n’y arrivent plus

  5. Ballon Rond dit :

    Filippo Inzaghi était le joueur détesté par toutes les défenses. Pas très spectaculaire, il plantait toujours sa quinzaine de buts minimum par saison. Un grand joueur qui a marqué la fin des années 90 et les années 2000.

  6. Streaming Foot dit :

    Quel talent ce joueur !!!

  7. Streaming Foot dit :

    Et quel palmares.

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